Intervention lors du débat sur la prolongation de l’intervention française en Irak

Commentaires fermés
14 jan 2015
Catégorie : Dans les médias


Elisabeth Guigou – Prolongation de l… par ElisabethGuigou

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier ministre,

Madame et monsieur les ministres,

Monsieur le secrétaire d’État,

Madame la présidente de la commission de la défense,

Chers collègues,

Nous sommes engagés en Irak parce que Daech, cette organisation terroriste qui insulte l’islam et les valeurs universelles, fait peser une menace mortelle sur le Moyen-Orient et menace la sécurité de l’Europe et de la France. Les attentats commis contre la rédaction de Charlie Hebdo et contre nos concitoyens juifs dans un magasin cacher montrent bien que notre territoire n’est pas à l’abri.

Dans ces circonstances dramatiques, lorsque les valeurs de l’humanité sont bafouées, nous devons nous rassembler autour des valeurs de la République : la liberté, et d’abord la liberté d’expression, mais aussi l’égalité, car nous sommes tous égaux devant la menace, et la fraternité, car celle-ci demeure la meilleure réponse à la haine. C’est ce que nos compatriotes ont exprimé massivement dimanche dernier, dans un élan magnifique d’hommage aux victimes et une totale détermination à se défendre face au terrorisme sans jamais rien céder sur nos valeurs ni sur notre volonté de vivre ensemble.

Le nombre exceptionnel de messages de soutien qui nous sont parvenus de toute la planète, y compris de plusieurs pays du Moyen-Orient engagés à nos côtés dans la guerre contre Daech, dit assez clairement que la menace terroriste est mondiale. Le Président de la République l’a rappelé ce matin en rendant hommage aux policiers Franck Brinsolaro, Clarissa Jean-Philippe et Ahmed Merabet : « Le fanatisme tue les musulmans. » C’est vrai en Afrique, en Irak, en Syrie, en France et ailleurs.

En Irak, c’est précisément le gouvernement qui nous a appelés à l’aide, et cette opération a le soutien de tous les États de la région. J’ajoute que le Conseil de sécurité a appelé à combattre Daech par tous les moyens, conformément à la Charte des Nations Unies, et à soutenir les forces qui luttent sur le terrain contre cette organisation. La montée en puissance des frappes de la coalition a incontestablement été efficace : elle a donné de l’air aux forces régulières irakiennes ainsi qu’aux Peshmergas du Kurdistan, qui ont pu enrayer la progression de Daech et amorcer par endroits la reconquête.

Monsieur le ministre de la défense, l’action des forces françaises est une nouvelle fois exemplaire. À mon tour, j’exprime mon profond respect pour nos militaires, dont le grand professionnalisme, la bravoure et l’engagement forcent notre admiration. Nos forces aériennes s’illustrent par la précision de leurs frappes et un souci constant d’éviter les dommages collatéraux. Je n’oublie pas non plus la contribution de nos marins, qui participent aux contrôles aériens à bord de la frégate Jean Bart, ni celle de nos forces spéciales qui ont formé les Peshmergas à l’utilisation des armes que nous leur avons livrées. Notre dispositif est souple et calibré en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain : il a ainsi été progressivement renforcé, entre autres par l’arrivée des Mirage 2000 en Jordanie.

Je soutiens aussi le Gouvernement dans son souci d’obtenir de nos alliés américains un partage complet du renseignement.

Ces premiers résultats confirment le bien-fondé de la stratégie choisie, celle d’un soutien aérien aux forces terrestres irakiennes, auxquelles il incombe principalement de mener cette guerre, car nous ne devons pas nous substituer aux Irakiens ni à leurs voisins immédiats. Cette région du monde a trop souffert des ingérences occidentales ; elle doit aujourd’hui, avec notre aide, bâtir les éléments qui assureront sa stabilité et son développement.

C’est tout le sens de la stratégie politique que nous menons parallèlement à notre engagement militaire. Daech se nourrit des divisions entre les Irakiens, et son action ne sera contrecarrée que lorsque le gouvernement de ce pays aura rétabli un minimum de confiance en l’État. La diplomatie française, par la voix du ministre des affaires étrangères, a mis en garde le précédent gouvernement irakien contre sa politique sectaire et a salué la nomination d’un nouveau premier ministre pour favoriser la réconciliation nationale. Aujourd’hui, nous pesons de tout notre poids diplomatique pour faire avancer le processus politique.

Le maintien de l’Irak dans ses frontières actuelles suppose qu’un nouveau contrat soit conclu entre tous les citoyens, selon des termes qu’il leur appartient de définir. À cet égard, les signaux envoyés par le premier ministre Al-Abadi sont encourageants – je pense en particulier à l’accord conclu avec le gouvernement régional du Kurdistan – mais, évidemment, le chemin est encore trop long.

Notre stratégie politique encourage aussi l’union de l’ensemble des acteurs régionaux, qui ont tous intérêt à la défaite de Daech mais peinent à constituer un front uni. Nous devons encourager le dépassement des oppositions entre chiites et sunnites, au profit d’une vision qui fassent que toutes les puissances régionales soient garantes de leur sécurité collective.

Mes chers collègues, une fois de plus, notre pays est engagé dans une intervention militaire afin de défendre sa propre sécurité et ses valeurs. Notre débat – le troisième de ce type depuis le début de la législature – s’inscrit dans un contexte tragique, mais qui a suscité chez nos compatriotes une réaction admirable de force et de dignité. C’est dans cet esprit de rassemblement et de détermination, qui fait depuis plusieurs jours notre fierté de citoyens français, comme l’a souligné M. le Premier ministre, que je vous invite à mon tour à voter en faveur de la prolongation de cette intervention.

Acte de solidarité, l’aide publique au développement est aussi un pari résolu sur l’avenir

Commentaires fermés
12 jan 2015
Catégorie : Discours, tribunes et publications

Tribune pour le site de l’Année européenne pour le développement

Du fait de leur histoire, les peuples européens connaissent la nécessité d’être solidaires. Cette conviction reste au fondement du projet européen. C’est conformément à ses valeurs que l’Union européenne s’efforce de propager, par son action extérieure, ce qui fait sa force : la paix et la prospérité.

Très tôt les dirigeants européens ont fait le choix d’une politique ambitieuse d’aide au développement. Aujourd’hui, l’Union est le premier bailleur mondial d’aides – 56,3 milliards d’euro en 2013 soit 0,43 % du revenu national brut de l’UE.

Les Européens sont de plus en plus conscients des conséquences économiques, sociologiques et démographiques de la situation des pays du Sud sur leur propre mode de vie. Leur attachement à l’aide publique au développement ne s’est jamais démenti. Cependant, ils éprouvent encore des difficultés à appréhender ses priorités et ses contours, aussi bien au niveau européen que national. À ce titre, l’Année européenne du Développement est une initiative particulièrement heureuse qui, j’en suis convaincue, fera reculer l’ignorance et les idées reçues.

2015 est une année charnière pour le Développement. Entre la Conférence Paris Climat, qui doit permettre l’adoption d’un premier accord universel et contraignant sur le climat, et la redéfinition des Objectifs du Millénaire pour le Développement, plusieurs échéances viendront éveiller les consciences citoyennes européennes à ces enjeux cruciaux pour l’avenir de notre continent.

Contre le pessimisme ambiant, nous, Européens, avons un urgent besoin de positiver notre rapport au monde, et notre apport à ce même monde. Dignes de nos valeurs, sûrs de nos atouts, nous saurons peser sur la scène mondiale. C’est la condition d’une reprise économique en Europe, qui passera aussi par le renforcement de notre coopération avec les Émergents et l’Afrique, continent d’avenir par excellence.
Acte de solidarité, l’aide publique au développement est aussi un pari résolu sur l’avenir. S’il devait y avoir un message emblématique de cette Année européenne du Développement, je retiendrais celui-ci : l’essor de nos partenaires est le gage de notre prospérité.

Continuer à rassembler la jeunesse méditerranéenne dans le dialogue

Commentaires fermés
08 jan 2015
Catégorie : Fondation Anna Lindh

Communiqué de la présidente de la Fondation Anna Lindh

La Fondation Anna Lindh pour le dialogue euro-méditerranéen travaille depuis dix ans au rapprochement entre les cultures, auquel se sont précisément attaqués les tueurs de Charlie Hebdo.

L’ignoble et lâche attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo était aussi dirigé contre les valeurs qui sont chères aux Français et qui font la devise de la République française : la Liberté, mais aussi l’Égalité car nous sommes égaux devant la menace, et la Fraternité car celle-ci reste la meilleure réponse à la haine.

Ces valeurs sont largement partagées au sein de l’espace euro-méditerranéen. Les témoignages de solidarité qui émanent de toute la région, ainsi que du reste du monde, en sont la meilleure preuve. Les populations de la rive Sud sont régulièrement meurtries par le terrorisme, dont elles pleurent, depuis trop longtemps, les victimes. Face à ce fléau, notre solidarité est réciproque et inconditionnelle.

Notre réponse sera plus de fraternité, plus d’échanges, plus de compréhension mutuelle. Nous continuerons, sans jamais faiblir, à rassembler la jeunesse méditerranéenne par milliers dans le dialogue. L’action de la Fondation est plus que jamais indispensable contre tous ceux qui veulent semer la division au sein de nos sociétés et entre elles. La pulsion de mort n’a pas d’appartenance nationale ou religieuse ; sa seule marque est celle de la haine.

J’ai la ferme volonté de redoubler les efforts de la Fondation pour faire face aux extrémismes de tout bord, et pour continuer à bâtir, autour de la Méditerranée, un solide réseau d’hommes et de femmes qui font, chaque jour, la démonstration que le vivre-ensemble reste le plus fort.

Ignoble attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo

Commentaires fermés
07 jan 2015
Catégorie : Dans les médias

Face à l’ignoble attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo, mes premières pensées vont aux proches des victimes, journalistes et membres des forces de l’ordre.

C’est aussi la France qui est meurtrie par cette atrocité. La liberté de la presse est notre bien commun, un des piliers de notre démocratie.

Guidés par notre idéal de fraternité, nous saurons traverser ensemble cette douloureuse épreuve. Dans notre histoire troublée, le rassemblement a déjà permis aux Français de triompher de la haine et de ses pires abominations.

Je fais toute confiance au Président de la République pour trouver, ce soir, les mots justes pour réunir tous nos concitoyens.

L’intégration méditerranéenne est un facteur de sortie de crise

Commentaires fermés
25 déc 2014
Catégorie : Discours, tribunes et publications

Tribune publiée dans l’hebdomadaire Réalités et le quotidien La Tribune.

A l’heure où nos sociétés connaissent de profondes interrogations, au moment où les mutations nécessaires pour faire face aux défis économiques et environnementaux commencent à être admises, le projet méditerranéen s’impose plus que jamais. Certes, l’enthousiasme initial des mouvements populaires arabes est retombé. Tandis que la multiplication des crises affecte la stabilité du sud de la Méditerranée et de l’Afrique subsaharienne, l’Europe craint la stagnation. Malgré ce contexte difficile, la vitalité des sociétés européennes et méditerranéennes ne s’est jamais démentie. Leurs aspirations partagées au progrès en sont le ciment. Elles se mêlent et se nourrissent mutuellement par-delà la Méditerranée. Ma conviction est que la stabilité politique et le développement socio-économique de la grande région Europe-Méditerranée-Afrique, en devenir, dépendent de son intégration. Faire en sorte que la Méditerranée ne soit « guère plus large que le Rhin » exige une volonté politique forte.

Nos intérêts sont complémentaires, notre destin est commun. Du secrétariat de l’UPM à la Fondation Anna Lindh en passant par l’IPEMED ou l’IEMED, nombreux sont les acteurs à œuvrer en faveur de l’intégration méditerranéenne, sous toutes ses facettes et au bénéfice de tous.

Malgré leur travail résolu, la Méditerranée reste l’une des régions économiquement les moins intégrées au monde. La construction euro-méditerranéenne et les différentes initiatives de collaboration proposées depuis près de trente ans ont eu des résultats contrastés. Comment ne pas regretter l’insuffisante intégration du Maghreb, alors que nous savons pertinemment que les coopérations concrètes concourent au dépassement des oppositions les plus ancrées ?

Dans notre monde global, la Méditerranée est une interface stratégique entre l’Europe et l’Afrique. Aujourd’hui, les deux continents comptent 1,7 milliard d’habitants. D’ici à 2050, nous serons 2,5 milliards, soit un quart de la population mondiale. Un tel potentiel humain, pourvu qu’il soit organisé et rassemblé, est une formidable chance. L’intégration méditerranéenne, et demain euro-africaine, nous permettra de peser significativement dans la mondialisation. C’est ensemble que nous serons efficaces pour relever les défis du XXIe siècle : éducation, emploi des jeunes, santé, accès à l’eau, dérèglement climatique.

Au Sud comme au Nord, l’intégration méditerranéenne est un facteur de sortie de crise et de formulation d’un nouveau modèle de croissance. Le renforcement des échanges humains et commerciaux, des investissements et des innovations, crée les conditions d’un renouveau économique susceptible d’apporter une réponse aux défis du chômage et des disparités territoriales. C’est par l’exemple que nous combattrons efficacement la tentation du repli identitaire qui menace nos pays, au Nord comme au Sud. Nous ignorer et nous tourner le dos est une impasse. Pire, c’est une faute devant l’Histoire.

Face à ces défis, les sociétés civiles – citoyens engagés, chefs d’entreprises, artistes et universitaires – se sont déjà saisi des opportunités et des outils existants. Grâce à leur engagement et au précieux soutien des organisations compétentes, des avancées notables ont été réalisées ces dernières années. Parmi ces réussites, on compte le développement des coopérations sectorielles. À titre d’exemple : la conférence ministérielle organisée à Paris en septembre 2013 sur le renforcement du rôle des femmes dans les sociétés méditerranéennes. Elle a contribué à relancer ce processus.

L’approche pragmatique de la « Méditerranée des projets », à géométrie variable, s’impose comme une solution efficace. Nous devons nous concentrer sur quelques grands chantiers qui conditionnent le développement humain et économique dans la région. Ils sont d’ores et déjà identifiés et concernent la coopération scientifique et universitaire, la promotion des droits fondamentaux et de l’engagement citoyen, l’autonomisation des femmes et de la jeunesse, la reconstruction des filières agricoles et agro-alimentaires, la coopération énergétique, le rapprochement de l’économie formelle et informelle par la promotion de l’économie sociale et solidaire, la sécurisation des investissements, le soutien aux PME, la protection civile, la dépollution de la Méditerranée ou encore l’accès aux soins pour tous. Quelle que soit leur taille, ces projets sont élaborés en lien avec les sociétés civiles, d’où émane la grande majorité des initiatives. Construits sur des bases égalitaires, ils posent les fondements d’un approfondissement de la coopération entre les deux rives de la Méditerranée.

Forts de ces premiers acquis, il s’agit désormais de faire plus, de faire mieux, de faire plus vite. Mais aussi de continuer à le faire savoir. L’année 2015 doit être celle d’une accélération significative des efforts de coopération en Méditerranée. En 1995 à Barcelone, les pays de l’Union européenne et de la rive sud ont initié un projet de partenariat ambitieux pour la coopération économique, politique et culturelle. Vingt ans plus tard, réaffirmons notre conviction et notre volonté que le monde méditerranéen assume son destin : construire un avenir commun entre l’Europe et l’Afrique.

Derrière les ruptures et les crises, nous sommes nombreux à voir les potentialités d’une plus grande coopération régionale. Faisons le pari de la confiance et du partage. C’est toute la richesse de notre héritage méditerranéen. Ne laissons pas passer l’occasion historique de le faire fructifier à nouveau.

Derniers commentairesTous les commentaires

  • rach: j’appressie beaucoup votre exellent parcour.BONNE CHANCE POUR LA SUITE.JE VOUS SOUHETE UNE EXELLENTE...
  • Le che 29: madame ce soutien démontre votre grandeur en politique et vous rend digne de présider L’AN , malgré...
  • roch bellissimo: Chapeau à toi mme guigou car le changement a besoin de la majorité et du rassemblement !
  • Thierry: Le résultat obtenu par la candidate Élisabeth Guigou au premier tour des législatives 2012, dimanche...
  • Juandimarco: Je vais voter pour vous. Je soutiens le programme du gouvernement de M. Hollande. Je suis confiant....